Menuisier à Belfort : 75 jours de gel et le parc le plus ancien

Belfort réunit deux caractéristiques que l’on retrouve rarement ensemble : le parc bâti le plus ancien et le moins renouvelé de notre zone, et le climat le plus froid. C’est la ville où le remplacement de menuiseries se justifie le plus facilement, chiffres à l’appui.

Nous y intervenons pour la prise de cote, la fabrication sur mesure et la pose.

Le parc bâti belfortain, en chiffres

Le recensement 2023 de l’Insee compte 23 514 résidences principales achevées avant 2021 : 8,4 % antérieures à 1919, 13,9 % entre 1919 et 1945 — le record de notre zone —, 34,6 % entre 1946 et 1970 et 26 % entre 1971 et 1990.

Deux chiffres racontent la ville. 83 % du parc date d’avant 1991. Et 6,2 % seulement a été construit depuis 2006, moitié moins qu’à Thionville. Belfort ne se renouvelle presque pas : le bâti vieillit sur place, et avec lui ses menuiseries.

Concrètement, une part importante des logements belfortains est encore équipée de menuiseries bois d’origine en simple vitrage, ou de doubles vitrages des années 1980 dont l’intercalaire a lâché. Sur ce parc, le gain d’un remplacement se mesure immédiatement, l’hiver, au ressenti près de la fenêtre.

Le climat : le plus froid de notre zone

La fiche Météo-France de la station de Belfort porte sur les normales 1981-2010 — Météo-France n’a pas publié les comptages de jours en 1991-2020 pour cette station, et nous le signalons plutôt que de faire passer un millésime pour un autre.

Sur 1981-2010 : minimale moyenne de janvier −1,5 °C, maximale moyenne de juillet 24,5 °C, 75,1 jours de gelée par an, 18,7 jours sous −5 °C, 9 jours seulement au-dessus de 30 °C, et 1 122 mm de précipitations. Les normales 1991-2020 relevées par Infoclimat sur la même station donnent −1,0 °C en janvier et 24,4 °C en juillet, pour 1 084 mm.

Le contraste avec le reste de la zone est net : 75 jours de gelée contre 62 à Troyes, et deux fois moins de jours de forte chaleur. Belfort est la seule ville où nous recommandons de regarder sérieusement le triple vitrage — à une condition, toujours la même : que les murs soient isolés. Sur un logement à murs pleins non isolés, le triple vitrage déplace le point froid vers la maçonnerie et alourdit l’ouvrant sans gain réel.

Ce qui compte davantage, à ce niveau de froid, c’est la rupture de pont thermique et l’étanchéité périphérique. Sur une fenêtre aluminium, le barreau isolant n’est pas une option ici : sans lui, le cadre condense. Et avec 1 084 mm de pluie, le classement air-eau-vent de la menuiserie mérite autant d’attention que son coefficient thermique.

Patrimoine : place forte, mais pas de secteur sauvegardé

Belfort est une place forte : citadelle, enceinte, ceinture fortifiée. Deux précisions s’imposent cependant, parce qu’on lit souvent le contraire.

Belfort n’est pas inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les douze sites Vauban inscrits en 2008 comprennent Besançon et Longwy, pas Belfort. La ville est membre du Réseau des sites majeurs Vauban, ce qui est autre chose. Nous préférons le dire clairement plutôt que d’entretenir la confusion.

Aucun site patrimonial remarquable ni secteur sauvegardé n’est en vigueur. Le diagnostic du plan local d’urbanisme évoquait un projet de ZPPAUP resté à l’état d’étude. La contrainte réelle tient donc aux périmètres de 500 mètres autour des monuments historiques de la ville, dans lesquels l’architecte des Bâtiments de France donne son avis.

En revanche, il existe un document que presque personne ne cite et qui, lui, s’applique à toute la commune : le cahier des prescriptions architecturales annexé au PLU (approuvé en 2004, dernière modification le 27 septembre 2018). Nous l’avons lu intégralement. Il ne s’applique pas dans les zones UZ et NZ correspondant aux ZAC, ni dans les anciennes ZAC U-BOU, U-GER et U-ESP.

Première chose à savoir, et elle va à contre-courant de ce qu’on entend : ce cahier n’impose aucun matériau de menuiserie. Le mot « menuiserie » n’y figure pas une seule fois, et les deux seules mentions du PVC concernent les vérandas et les clôtures, pas les fenêtres. Le PVC n’est donc pas interdit à Belfort par ce document, et nous ne vous dirons pas le contraire pour vous vendre autre chose. Hors périmètre ABF, le choix du matériau vous appartient.

Ce qu’il encadre, en revanche, est très concret pour un poseur. Sur les percements (article 12) : « les doubles fenêtres et les caissons de volets roulants ne doivent pas faire saillie par rapport au nu de l’encadrement ». Un coffre en applique extérieure débordant du tableau n’est pas conforme — c’est exactement le genre de détail qui se règle au relevé, pas à la livraison. Le texte ajoute que les caissons apparents devront, quand l’architecture le nécessite, « être masqués par des lambrequins dont le dessin devra faire référence au style architectural du bâtiment ».

Et pour la vieille ville : « dans le cas du bâti ancien de la Vieille Ville (pentagone de l’enceinte Vauban), les volets battants devront être conservés ». Si vous êtes dans le pentagone, remplacer des battants par un volet roulant n’est pas une option de confort : c’est un point de blocage.

Les couleurs sont écrites, et elles surprennent (article 10) : l’usage du « noir, blanc ou toutes sortes de blancs cassés, beiges, crèmes, gris non colorés […] sur les volets est interdite ». Avec deux tolérances nommées : « le gris et la couleur chamois sont cependant tolérés pour les volets roulants », et « le blanc, le gris et la couleur chamois sont acceptés pour les portes de garage ». Autrement dit, à Belfort, un volet battant blanc standard sorti de catalogue n’est pas conforme, alors que le même blanc passe sur une porte de garage.

Un point reste ouvert et nous le disons plutôt que de l’habiller : le cahier de prescriptions est une annexe du PLU, pas le règlement d’un site patrimonial remarquable. Nous n’avons trouvé aucun document de SPR, d’AVAP ou de ZPPAUP en vigueur pour Belfort, mais une absence constatée n’est pas une absence certifiée. Nous le confirmons auprès de l’UDAP du Territoire de Belfort avant de chiffrer un chantier en centre ancien.

Un dernier point, à manier avec précaution : la Ville mène depuis 1986 une politique de couleur de façade privilégiant les teintes vives. Ce document décrit des façades, pas des menuiseries, et il date de 2013 : nous n’en déduirons pas une règle de teinte de fenêtre. Le cahier de prescriptions architecturales du PLU, qui trancherait, n’est pas accessible en ligne — nous le vérifions au cas par cas auprès du service urbanisme.

Le grès rose : un motif local, pas une règle

On associe volontiers Belfort au grès rose des Vosges, et c’est exact pour le Lion de Bartholdi. Nous n’avons en revanche trouvé aucune source officielle décrivant le grès rose comme le matériau caractéristique des façades d’habitation belfortaines : le diagnostic du PLU, qui serait la source attendue, ne mentionne aucun matériau de construction.

Nous le traitons donc pour ce qu’il est : un motif identitaire local, pas une donnée technique de chantier. Ce qui détermine réellement la pose à Belfort, ce n’est pas la pierre : c’est l’âge du bâti et le nombre de jours de gel.

Les aides à la rénovation : prudence

Il faut être direct : nous n’avons pas identifié de dispositif d’aide locale en vigueur à Belfort au moment où nous écrivons. L’outil de l’Agence nationale pour l’information sur le logement répond, pour le Territoire de Belfort, qu’aucune aide ne correspond et que sa base est en cours de mise à jour.

Une OPAH-RU a bien existé sur les quartiers Belfort-Nord et Jean-Jaurès, et elle citait explicitement les menuiseries extérieures parmi les travaux éligibles — mais elle était annoncée jusqu’en novembre 2022. Elle est échue, et nous ne la présenterons pas comme active.

Restent les dispositifs nationaux, et le réflexe qui vaut partout : constituer le dossier avant de signer le devis, avec un artisan RGE. Le service habitat de Grand Belfort reste l’interlocuteur à consulter, les dispositifs locaux évoluant d’une année à l’autre.

Comment se déroule un chantier à Belfort

Le relevé. Sur un parc aussi ancien, il commence par un diagnostic : état du dormant existant, tenue des appuis, présence d’un coffre de volet non isolé. Sur un logement d’avant 1946, ce coffre est très souvent le premier poste de déperdition, avant même le vitrage — et le remplacer en même temps que la fenêtre coûte beaucoup moins cher que deux interventions.

La saison. Avec soixante-quinze jours de gelée, nous évitons la dépose totale en plein hiver quand elle implique de reprendre des tableaux au mortier. Une pose en rénovation, elle, se fait toute l’année : le logement n’est jamais ouvert plus de quelques heures par ouverture.

Le devis. Il détaille les cotes relevées, le matériau, le type de vitrage, la quincaillerie et le mode de pose. Nous y faisons figurer le coefficient Uw de chaque menuiserie : c’est la seule façon de comparer deux devis honnêtement, bien plus que le nom commercial du profilé.

La fabrication. Tout est fait aux cotes. Le délai dépend du matériau et de la teinte : un blanc standard part vite, un laquage sur nuancier ou un bois à profil reproduit demande davantage. Nous l’annonçons au devis, pas après.

La pose. Cinq ouvertures se traitent généralement dans la journée en pose de rénovation. En dépose totale, comptez deux jours avec la reprise des tableaux et des appuis. Nous évacuons les anciennes menuiseries.

La réception. Nous vérifions devant vous le réglage des ouvrants, la compression des joints et le fonctionnement de la quincaillerie. Une menuiserie neuve se stabilise après quelques cycles de chauffe : nous reprenons les réglages sur simple appel dans les semaines qui suivent.

Ce que nous posons à Belfort

Sur un parc où 83 % des logements datent d’avant 1991, le remplacement complet fenêtre plus coffre de volet est souvent le bon arbitrage. La fenêtre PVC couvre les dimensions courantes, la fenêtre aluminium les grandes ouvertures — à condition d’exiger la rupture de pont thermique, indispensable à ce niveau de froid.

Le volet roulant de rénovation se pose sans toucher à la maçonnerie et remplace en une journée un coffre ancien non isolé. Quand aucune alimentation n’existe au-dessus de la baie, le volet roulant solaire évite toute intervention électrique : sa batterie tient plusieurs semaines sans recharge, y compris pendant un hiver franc-comtois couvert.

Nous posons également des portes d’entrée — le seuil à rupture de pont thermique y compte plus qu’ailleurs — et des portes de garage isolées lorsque le garage est attenant au logement.

Questions fréquentes

Voir les questions fréquentes

Le triple vitrage est-il utile à Belfort ?

C’est la seule ville de notre zone où la question se pose sérieusement, avec 75 jours de gelée par an. À une condition : que les murs soient isolés. Sinon, il déplace le point froid sans gain réel.

Faut-il une autorisation pour changer mes fenêtres ?

Une déclaration préalable dès que l’aspect extérieur change. Dans un rayon de 500 mètres autour d’un monument historique, l’avis de l’architecte des Bâtiments de France s’y ajoute.

Mes volets roulants gèlent l’hiver, que faire ?

Ne jamais forcer sur un tablier pris dans le gel : la détection d’obstacle protège le moteur, mais une manœuvre répétée finit par plier une lame basse. Un tablier aluminium injecté mousse tient mieux qu’un PVC sur ce climat.

Intervenez-vous dans tout le Territoire de Belfort ?

Oui, Belfort et les communes environnantes, ainsi que le nord de la Franche-Comté. Le déplacement de prise de cote est gratuit.

Un projet ? Parlons-en

Nous intervenons aussi à Besançon et à Mulhouse. Voir la zone d’intervention, ou demander un relevé au 07 44 40 70 07.